Dire pour toucher et toucher pour dire
Journal intime
Dire pour toucher et toucher pour dire
Catégorie :
Journal intime
Créé le :
22 août 2006 22h39 etsivousosiez
Modifié le :
06 oct. 2008 22h09
Visité :
7675 fois
Cette semaine :
9 fois
Description :
Mes humeurs, mes souvenirs, mes peurs et mes joies, ma vie intérieure somme toute!
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| Créé le : |
14 juil. 2008 14h19
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Article posté par : |
Web |
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(Merci à http://magnolia82.tchatcheblog.com/ pour les conseils "techniques".)
Je t’emmènerai dans le pays de nous-mêmes, là, où toi et moi, sommes autrement. Nous ouvrirons les portes inconnues, celles que d’aucuns disent ne pas exister, mais que nous saurons trouver, pour les ouvrir doucement.
Nous irons, ensemble, plus avant, là où tout est possible, dans ce pays de l’ailleurs, dont le ciel a la profondeur des attentes, et le vent le parfum des soupirs.
Toujours plus loin je t’emmènerai, dans le crachin du désir, à la recherche de la source, par les vallées et les collines de ton intime, à nouveau découvertes.
Par tes yeux je chercherai la route, dans cet azur par tes larmes exhaussé, le tracé vers ce monde que nul avant nous n’a encore foulé. Guidé, guidé par le fredon de tes murmures, de tes mots retenus puis lâchés sans pudeur.
Plus rien ne pourra nous effrayer, pas même nous-mêmes, submergés par l’animalité de nos envies, de nos actes et de nos pulsions… mus par cet appel de la chair, dans la confusion des mots, des cris, des caresses, des regards et des morsures.
Avec toi et par toi, je remonterai le cours de tes humeurs, cette rivière aux rives secrètes et si molles, à l’écume de désir et de spasmes, dont la naissance perle au tréfonds de ton ventre, et que ta féminité abrite dans les tourbillons intérieurs.Tu m'accompagneras, me guideras délicatement, avec force parfois, sur les sentiers de ta peau vers ce lieu que toi seule connais.
Je boirai tes baisers comme l’on avale un crachat, dans la vulgarité de ma gourmandise, et la frénésie de cette bestialité dont tu auras ouvert la porte afin qu’elle soit sans retenue.
Je fermerai les yeux pour être avec toi plus encore, mêlant nos souvenirs à l’instant, les parfums d’hier et les senteurs du moment, n’écoutant que ton souffle comme j’écoutais le vent, quand nous étions couchés, toi et moi, dans les blés de juillet. J’attendrais sa caresse tiède et sa douce pavane, prémices d’un baiser, d’un enlacement, d’une étreinte, d’une indistinction de nos corps.
Plus rien n’aura de sens, plus d’hier, de demain, ni même d’aujourd’hui dans son écoulement… nous serons comme des enfants de ce monde, adolescents de cet ailleurs, sans calendrier ni temps… mais aussi des adultes par le désir et l’audace de nos corps, amants nouveaux par-dessus nos histoires anciennes, sans repère aucun, sans mémoire, sans plus de comparaisons.
Évadés de nous-mêmes, loin de la geôle quotidienne, fugitifs emportés par la complicité d’un partage, d’une envie sans vergogne, nous saurons ne plus nous retourner, ne plus chercher l’heure et l’égrènement des secondes, pour ne saisir que l’instant, le figer afin qu’il ne s’écoule plus et nous laisse réunis dans cet intervalle inventé.
En nous la poussière des âges ne saura se déposer, le soleil ne se couchera plus, ou alors s’étirera jusqu’à s’unir à des crépuscules incroyables, dans l’embrassement du ciel en des couleurs sublimes et confondues, où les mauves et les pourpres s’enlaceront dans l’empyrée, tel un voile de soie, parure d’orient par les dieux déployée.
En ton ventre, en mon ventre, seront des frissons, des spasmes, des ondes intérieures… cette vague scélérate qui gonfle et bouscule l’âme et les viscères et que l’on ne contrôle pas, cet emportement qui mène aux frontières de la vie, aux portes de l’ivresse folle et suprême, au bord de cette falaise éclaboussée par les embruns de la tempête où le ciel semble s’être approché si près, si proche qu’il se confond avec le tout… Emportés, emportés auprès d’elle, à la côtoyer sans céder à son appel… à s’en approcher en souriant, à l'effleurer la mort, pour lui dérober cette part de vie méconnue, inconnue, dissimulée en son giron, que l'on discerne dans la brièveté des émotions... ce ressenti magnifique, mais si fugace, si flou et insaisissable.
Aller plus avant encore et sans crainte dans la précipitation des chamades, sentir nos cœurs battre au travers de la peau, toujours plus amplement, dans le désordre, échappant aux contrôles intérieurs, pour se cogner au-dedans si sourdement, au point de vouloir s'emballer dans cette incantation, pour exploser et jaillir par-delà nos poitrines, dans un geyser de désir pourpre et chaud. Sentir ces palpitations remonter jusque dans nos gorges, sourdre dans nos intimités, se répandre dans nos oreilles par derrière les tympans, dans une pulsation violente, et de s’écouler, ailleurs, dans des humeurs suaves, acides et impudiques.
Il est ce monde, cet ailleurs, cet univers aux couleurs différentes, où le vent a la tiédeur des soupirs, la pluie la moiteur des appels, et les nuées le contraste des mauves et des pourpres enlacés. Chacun le sait, le sent, le cherche, l’appréhende, et rarement le trouve. Il faut être deux pour en défricher l’entrée, pour s’y glisser doucement, ou violemment encore, dans une frénésie et un désir partagés, construit, ensemble, par les attentes et les provocations, les regards et la fuite des yeux. Petit à petit dans l’abandon des conventions, nourri par les amours et les déceptions d’auparavant, enrichi des frissons des mots, des vibrations internes, des images de l’instant et de celles que l’on se refusait juste avant. Ce monde où l’on devient spectateur de nous, acteur de soi et de l’autre, où chaque geste en entraîne un nouveau à sa suite, comme un complément qui le renforce, le fait perdurer, construisant cet amalgame du plaisir, du désir, ce mélange inédit de paroles, de peau, d’humeurs, de regards, de gêne et de caresses, d’outrance et de douceur. C‘est un tout fait de l’addition des détails, magnifique dans son ensemble, unique dans son accomplissement, mais où chaque détail devient aussi un tout, par le biais de l’acuité nouvelle qui s’est faite jour en cet ailleurs… un tout riche de l’ infinité des choses que l’on ose y mettre et y trouver.
Un jour tu m’emmèneras là-bas, car sans toi jamais je ne trouverai la porte de ce monde enfoui en chacun, mais qui n’est accessible qu’à ceux qui savent s’unir pour le faire exister.
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