Vivre, dans un crépuscule,
Aux instants clairs d’une aurore,
En les plis du ridicule,
À l’abri d’une métaphore.
Vivre, dans le doute et sa peur,
Rencogné dans un silence,
Frappe sourde d’un sapeur
Qui dans notre tête s’élance.
Vivre, sur l’onde des jours,
Au fil d’un temps qui s’écoule,
En l’éclat d’un contre-jour
Où des ombres se déroulent.
Vivre, en l’absence d’un souffle,
Dans la rétention des cris,
Ce chagrin que rien n’essouffle,
Mais qui sans cesse s’écrie.
Vivre, rêves et pensées,
Par l’alternance des nuits,
Choses folles et insensées,
Désinences d’un ennui.
Vivre, espoirs et désirs,
Nos chamades solitaires,
Regarder et voir gésir,
Ces nomades adultères.
Vivre, de joies et de peines,
De grimaces et de sourires,
Dans l’amour et dans la haine,
Contumace des fous rires.
Vivre, le décours du soleil,
Dans la plaine et sous le vent,
Sur l’horizon nonpareil,
D’une brume s’élevant.
Vivre, dans l’agitation,
En l’incarnation des choses,
Par délice et tentations,
L’impossible métamorphose.
Vivre, en ce tien regard,
En tes râles et tes soupirs,
Lorsque ta raison s’égare,
Sur les chemins du plaisir.
Vivre, l’instant des frissons,
Des déboires l’amertume,
De l’étreinte l’unisson,
Du refrain qui nous consume.
Vivre, l’intime vibrato,
D’un crépuscule sans fin,
L’intérieur staccato,
De nos murmures affins.
Vivre, hier et puis demain,
En les secondes qui passent,
Vouloir étendre la main,
Par-dessous les carapaces.
Vivre, vivre malgré tout,
Dans le calme et la tempête,
Sobre, ivre de tout son saoul,
En nos jours qui se répètent.